Son Histoire

esaa-site1Dès 1801, un établissement dédié à l’apprentissage de l’art et de la création voit le jour, il prolonge l’existence d’un « cours de dessin, de géométrie et d’école professionnelle » déjà présent au 17e siècle.

En 1928, l’établissement prend le nom d’Ecole d’Arts décoratifs, puis, en 1965, celui d’Ecole municipale des Beaux-Arts et d’Architecture d’Avignon. Un ancrage local fort se fait progressivement ressentir et une tradition d’apprentissage technique s’instaure au sein de l’établissement.

esaa-site2Le département de Conservation-Restauration, créé en 1981 au sein de l’établissement, avait été initialement conçu pour répondre au souci de préservation et de pérennisation des œuvres peintes du passé, et essentiellement alors la peinture de chevalet. Cette nouvelle instance de formation a modifié son champs d’investigation et s’oriente, depuis la fin des années 90, vers la création contemporaine et les cultures du monde.

L’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon (ESAA) possède actuellement l’un des quatre cursus nationaux de conservation-restauration habilités par la Direction des Musées de France et dont la reconnaissance est internationale.

esaa-site3En novembre 2010, l’Ecole a reçu une validation par l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) de son DNSEP mention Création-Instauration et Conservation-Restauration. A partir de 2012, cela confère le grade de Master européen à ce diplôme et inscrit durablement d’ESAA dans le paysage de l’enseignement supérieur européen.

En 2011, l’Ecole est devenue un Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) afin de garantir son autonomie de gestion et de pédagogie.


Une école d’art en réseau …

Avec 44 autres structures similaires réparties sur le territoire français de métropole et d’outre-mer, l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon (ESAA) est un établissement public de coopération culturelle (EPCC) relevant du ministère de la Culture et de la Communication. Il est soutenu financièrement et administrativement par la Ville pour une large part et par l’État.

Outre sa mission essentielle d’enseignement supérieur et de formation initiale, l’ESAA s’inscrit sur un territoire à la fois proche et plus élargi. En nouant des liens de partenariats aussi bien avec des organisations éclectiques qu’avec des institutions plus renommées, de dimensions locale,  nationale et internationale, elle vise à entretenir une dynamique de recherche productive en termes de projets et de prospective.

Elle fait partie aujourd’hui du réseau « les écoles du sud » qui regroupe en région Provence-Alpes-Côte d’Azur & Monaco, les établissements

° Villa Arson
° École Nationale Supérieure de la Photographie
° ESADMM-Ecole supérieure d’art & de design Marseille Méditerranée
° École supérieure d’art d’Aix-en-Provence
° Ecole Supérieure d’Art et Design Toulon Provence Méditerranée
° Ecole Supérieure d’Art Avignon
° Pavillon Bosio, Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco

… avec deux spécialisations …

Depuis 1981, l’ESAA poursuit sa mission principale de formation initiale avec une identité duale qui en fait sa singularité dans le paysage français: l’option art y est déclinée en deux mentions spécialisées: la création-instauration et la conservation-restauration.

Comme on le sait, le propre des écoles supérieures d’art est le temps important qui est consacré à la pratique de la création, en séances collectives et régime de plus en plus autonome. Aujourd’hui, toute connaissance, tout matériau, tout médium, tout ready made et même l’usage  de son propre corps peuvent donner lieu à une production artistique, comme des produits sélectionnés et des gestes maîtrisés, à la conservation-restauration d’un artefact patrimonial. Or il ne s’agit pas de les utiliser aux seules fins de l’expression spontanée et géniale d’un moi pour seulement soi, ni d’autre part, en application habile d’un savoir-faire anonyme sous couvert de la notoriété d’un chef d’oeuvre et/ou la sacralité d’une relique.  L’enjeu est bien plus la manifestation d’un être au monde dont la singularité de la proposition sera d’autant plus appréciable qu’une multitude pourra s’y re-connaître à la faveur d’une capacité de mobilisation et de critique d’expériences, de références et concepts tant acquis que partageables.

  • création-instauration

Le mot création renvoie à la pratique de créer ex nihilo, aux médiums et genres artistiques classiques. Il est accolé à instauration, qui désigne lui, l’acte de « faire exister pour la première fois » (E. Souriau, Vocabulaire d’esthétique, PUF, 1990), comme Marcel Duchamp s’y est employé dans le champ de l’art avec ses ready-made.

La mention  » création-instauration » se focalise particulièrement sur trois axes opérationnels que sont les arts plastiques (objets / dispositifs), les arts performatifs / pratiques scéniques, et les arts médiatiques.

  • conservation-restauration

La locution conservation-restauration est la formulation normalisée à l’échelle internationale (ICOM, 2010) qui désigne une discipline académique et une activité professionnelle en faveur de la sauvegarde de biens culturels matériels. Très synthétiquement dit, la conservation vise d’abord à stabiliser un objet en l’état, puis la restauration à améliorer son appréciation.

Les productions de l’art contemporain et les artefacts ethnographiques du patrimoine conservé dans les institutions publiques, constituent prioritairement le champ  de questionnement et d’application, ainsi que l’enjeu privilégié par la mention  conservation-restauration.

NB : la formation de l’ESAA demeure aujourd’hui la seule en France dédiée à la conservation-restauration des artefacts ethnographiques après l’arrêt de celle du Master Conservation-Restauration des Biens Culturels à l’Université Paris I – Sorbonne.

… congruentes …
  • C’est l’objet /oeuvre d’art qui est le dénominateur commun aux deux mentions, au centre d’attentions que lui consacrent les deux démarches de part et d’autre, tels deux pendants.

  • Au cours du temps, la création-instauration se situe en amont de l’objet puisqu’elle s’attache aux questions et enjeux liés à sa production, tandis qu’en aval, la conservation-restauration se préoccupe des conditions de sa réception.

création-instauration objet/oeuvre conservation-restauration

–—————————— cours du temps ———————————→

  • Outre le tête-à-tête de chaque acteur de l’école  avec l’objet / oeuvre d’art, c’est aussi celui des deux mentions qui est instauré pour que s’y puisent les bénéfices de rapports dialogiques et dialectiques.

… pour un enseignement supérieur …

L’enseignement supérieur des  « arts plastiques » est placé sous le contrôle pédagogique du ministère de la Culture et de la Communication. Il est assuré à la fois par des artistes, des théoriciens et des professionnels, en mettant particulièrement l’accent sur des pratiques en dialogue permanent avec les cours théoriques.

A l’appui des programmes européens et d’autres plus  spécifiques, il encourage ses étudiants à la mobilité internationale.

Outre un objectif de professionnalisation, l’enseignement supérieur en école supérieure d’art comporte un « adossement à la recherche ». Parallèlement à l’élaboration progressive du projet de l’étudiant, la recherche permet l’accès et le croisement d’autres domaines, d’autres disciplines académiques, mais aussi d’activités hétéroclites.

Dès le premier cycle, la formation fait de l’enseignement d’acquis fondamentaux — à hauteur de 30% environ et déterminés  en adéquation avec l’identité de l’école  — une priorité. A partir de l‘année L2, semestre après semestre, des cours théoriques et pratiques contribuent progressivement à la spécialisation et à l’initiation à la recherche en abordant la réflexion critique, l’analyse et les questions de  méthodologie.

… vers trois diplômes.

Conformément au système LMD issu des accords de Bologne, l’ESAA délivre un enseignement supérieur conduisant à trois diplômes.

  • Le Diplôme National d’Art (DNA) au grade de la licence, option art /option art /« mention création-instauration » ou « mention conservation-restauration », en fin du premier cycle de 3 ans,
  • Le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) au grade du Master II, « mention création-instauration » ou « mention conservation-restauration », en fin de second cycle de 2 ans,
  • Le Diplôme Supérieur de Recherche en Art (DSRA), « mention création-instauration » ou « mention conservation-restauration », en fin de troisième cycle de 3 ans.
M.M. màj : 05/2017