L’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon : une identité duale unique.

Deux parcours corollaires à l’ESAA

En réunissant deux démarches distinctes depuis plus de trente cinq ans, l’ESAA a fait le pari d’une identité duale unique en France. Celle-ci est en « synchronie » avec celle de la ville d’Avignon, son bailleur financier principal, alliant patrimoine et création artistique contemporaine.

Son particularisme pédagogique se fonde sur la combinaison de deux activités aux enjeux, objectifs, et moyens différents, mais qui recèlent une interaction.  L’ESAA décline l’option « art » en deux mentions: la création-instauration d’oeuvres d’arts visuels d’une part et la conservation-restauration de biens culturels d’autre part.

Les cursus mis en oeuvre par celles-ci permettent l’obtention du Diplôme National d’Arts  (DNA) ayant bientôt grade de Licence, et du Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) ayant grade de master depuis 2011. 

Les œuvres de l’art contemporain ¹ et les artefacts « ethnographiques » ² conservés dans les institutions publiques, constituent le champ d’exploration et d’application de la mention « conservation-restauration », tandis que les arts plastiques (objets et dispositifs), les arts performatifs, ainsi que les arts médiatiques composent les domaines privilégiés par la mention « création-instauration ».

Un enseignement supérieur

Fidèle à la spécificité des écoles supérieures d’art, la maïeutique s’appuie particulièrement sur la pratique et l’expérimentation auxquelles s’ajoutent des enseignements théoriques fondamentaux relevant des sciences humaines et sociales,  communs aux deux mentions pour certains. Ceux-ci et les cours spécifiques à la formation en conservation-restauration supposent une progressivité, et de l’enseignement et des acquis, quand la formation à la création artistique laisse aussi libre cours à une évolution jalonnée de périodes d’essais et de ratés,  d’essor et de stagnation, d’euphorie et de doute, d’allers-retours, … 

Aussi différentes soient-elles, ces dynamiques s’avèrent fructueuses, utiles voire nécessaires pour finalement briguer l’amélioration, la maturation des individus et de leurs productions. Outre l’apprentissage  de moyens de sauvegarde et d’expression, l’ESAA a pour vocation de mettre au jour les intentionnalités et les enjeux de l’art, à la fois de façon générale et dans le contexte territorial du monde globalisé qui est le sien.

____________Notes_____________________________

1. On s’accorde généralement à considérer que les débuts de l’art contemporain remontent à la fin de la deuxième guerre mondiale ou au début des années soixante. En plus des genres hérités de la tradition académique, l’art contemporain comprend notamment les arts performatifs et la catégorie générique des  « arts médiatiques  » qui  réfèrent à toute œuvre d’art dont le fonctionnement requiert une composante technologique. Cette catégorie recense aujourd’hui l’art biotechnologique, l’art cinétique, le cyberart, l’art électronique, l’art informatique, l’art interactif, l’art multimédia, l’art numérique, l’art photographique, l’art du réseau (ou net art), l’art robotique, l’art sonore, l’art spatial, l’art technologique, l’art vidéo,  … 

2.  Ces objets ne réfèrent plus seulement aux cultures dites « primitives  » par le passé. Ils comprennent aussi les objets « scientifiques  » et « techniques » qui relèvent d’une ethnographie des sociétés modernes, initiée au début du XXè siècle par les sociologues de l’Université de Chicago. L’ ethnographie sociologique  de Chicago s’est développée tout au long du XXè siècle en privilégiant à la fois un fieldwork  anthropologique et un travail sociologique au moyen des techniques du journalisme d’enquête. 


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